Le ralentissement se poursuit
Avec seulement 9,4 milliards d'euros engagés en
immobilier d'entreprise depuis le début de l'année, le
ralentissement du marché français de l'investissement se
confirme. Les expertises de la mi-année, qui ont acté une
baisse globale de 5 à 10% de la valeur des actifs, n'ont pas
suffi à restaurer la nécessaire confiance des investisseurs sur
la valeur des biens cessibles. Le dialogue continue donc
d'être difficile entre vendeurs et acquéreurs potentiels. Le
resserrement des conditions du crédit a par ailleurs entraîné
une nette réduction des transactions de plus de 100
millions d'euros, dont le nombre est passé de 74 en 2007 à
seulement 17 sur les trois premiers trimestres de 2008.
L'Ile-de-France est le marché le plus touché
L'Ile-de-France est le marché le plus impacté par le
ralentissement de l'activité : seulement 6,7 milliards
d'euros engagés depuis le début de l'année, soit une
correction de près de 64% par rapport à la même période
en 2007.
En régions, le ralentissement est beaucoup moins marqué
: les engagements ont reculé de 28 % pour représenter 2,2
milliards d'euros depuis janvier 2008. Après un 1er semestre
qui avait laissé espérer un atterrissage plus en douceur, un
ralentissement de l'activité semble toutefois s'amorcer
puisque seuls 300 millions d'euros ont été investis au
cours du 3ème trimestre...
Le commerce enregistre le plus fort recul
Si le ralentissement du marché de l'investissement concerne
tous les types de produits, le commerce est particulièrement
touché : seulement 556 millions d'euros ont été engagés
contre 2,3 milliards l'an passé à la même époque.
Les entrepôts ont su tirer leur épingle du jeu en captant près
d'un milliard d'euros d'engagements, soit un recul de 49%
lié essentiellement à l'absence de ventes de portefeuilles.
Les investisseurs allemands toujours aussi présents
Avec 3,6 milliards d'euros investis, les français sont
demeurés les plus actifs (43% des engagements). Les
allemands sont toujours aussi présents et se maintiennent
devant les nord américains avec plus d'1,5 milliard d'euros
investis (17% des investissements). Les fonds ouverts
allemands sont notamment à l'origine de 13% des
engagements, une performance égale à celle des SCPI et
OPCI.
Les taux de rendement prime remontent fortement
Si l'on sait que les difficultés de financement rencontrées par
les investisseurs ont entraîné une forte hausse des taux de
rendement, le manque de comparables rend leur analyse très
difficile.
Un marché toujours bloqué
Avec 2,1 milliards d'euros investis au 3ème trimestre
2008, soit seulement 6,7 milliards d'euros depuis le début
de l'année, le marché de l'investissement francilien continue
de ralentir.
La situation de blocage liée aux inadéquations entre
souhaits des vendeurs et des acquéreurs, dans laquelle se
trouve le marché depuis maintenant plusieurs mois, persiste
donc.
Les investissements en logistique se redressent
Le marché francilien demeure largement dominé par les
ventes d'immeubles de bureaux : 6,1 milliards d'euros
depuis le début de l'année, soit 92% des engagements.
Pour autant, les investissements en logistique, qui avaient
enregistré un niveau d'activité très faible au cours du 1er
semestre, se sont ensuite révélés plus actifs avec 255
millions d'euros, soit 4% des engagements franciliens.
En revanche, les investissements en commerce ont
enregistré un véritable coup d'arrêt avec seulement 149
millions d'euros.
Nette chute des opérations d'envergure
Le ralentissement des opérations d'envergure s'est
confirmé au cours du 3ème trimestre 2008. Les opérations
d'un montant supérieur à 100 millions d'euros n'ont
représenté que 2,5 milliards d'euros depuis le début de
l'année, contre 11,2 milliards à la même période en 2007.
Si, l'an passé, ces opérations avaient été essentiellement le
fait de nouveaux arrivants sur le marché, elles ont été, en
2008, majoritairement réalisées par des investisseurs
disposant de fonds propres suffisants : SCPI, OPCI et
fonds ouverts allemands sont à l'origine de 41% de ce type
de transactions avec plus d'1 milliard d"euros engagés.
Ces investisseurs ont toutefois été absents au cours du
3ème trimestre sur ce type d'opérations, laissant la place
aux fonds d'investissements et aux institutionnels : AEW
EUROPE sur le "Spazio" ou LA MONDIALE sur le "68, rue du
Faubourg Saint-Honoré" notamment.
Remontée marquée des taux de rendement
Les acquéreurs sont devenus, ces derniers mois,
particulièrement exigeants quant au rendement de leurs
investissements. Les taux de rendement prime ont d'ores et
déjà accusé une correction à la hausse d'au moins 100
points de base sur l'ensemble des secteurs depuis le
début de l'année. Mais la remontée réelle de ces taux s'avère
particulièrement difficile à apprécier compte-tenu du manque
de transactions servant de comparables.
Quoi qu'il en soit, cette correction n'a pour l'instant pas suffi à
relancer l'activité du marché de manière significative et
durable.
Logistique
Après un 1er semestre très en deçà des performances de
2007, le marché de la logistique en Ile-de-France aura été
plus actif au cours du 3ème trimestre (160 millions d'euros)
pour atteindre 255 millions d'euros depuis le début de
l'année.
La part des acquisitions via des portefeuilles est restée
particulièrement élevée avec 42% des engagements, contre
52% en 2007.
Le 3ème trimestre 2008 aura été marqué par l'acquisition par
PROLOGIS auprès d'EUROCOMMERCIAL PROPERTIES de
deux bâtiments de classe A loués, situés dans des zones
logistiques franciliennes clés : 20 000 m² à Lieusaint, le long
de la Francilienne, et 28 600 m² à Saint-Ouen-l'Aumône, près
de l'A15.
Le succès des opérations neuves ne se dément pas et 65
% des engagements ont été effectués sur des bâtiments
de 1ère main. Cette tendance est à analyser comme une
anticipation des investisseurs face au risque
d'obsolescence administrative du parc d'entrepôts et aux
exigences des utilisateurs quant aux prestations
techniques des bâtiments.
Dans un contexte général de remontée des taux, le taux de
rendement prime des entrepôts franciliens enregistre une
correction à la hausse d'un quart de point par rapport à fin
2007 pour se positionner à 6,25% au 3ème trimestre 2008.
Locaux d'activités
Avec seulement 114 millions d'euros, les locaux d'activités
peinent à susciter l'intérêt des investisseurs, qui demeurent
confrontés à une logique patrimoniale des industriels.
Cette classe d'actifs immobiliers reste donc encore peu
dynamique malgré un potentiel d'externalisation
conséquent.
Au cours du 3ème trimestre, MONTEA a cependant fait
l'acquisition de cinq bâtiments d'activités entièrement loués
auprès de SIRIUS DEVELOPPEMENT pour un montant de 27
millions d'euros. D'une surface de 22 300 m², ces bâtiments
se situent à proximité de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle.
Les investisseurs anglo-saxons, habituellement très
présents sur ce type de produits, ont été peu actifs en 2008
avec seulement deux acquisitions.
Conscients de l’obsolescence du parc francilien et des
besoins exprimés par les utilisateurs pour des bâtiments
neufs, les investisseurs ont parfaitement évalué le potentiel lié
à la valorisation du stock existant. Faute d'opérations neuves,
la plupart adoptent une stratégie de valorisation par la
restructuration de parcs existants.
Une baisse moins marquée qu'en Ile-de-France... pour
l'instant
Avec plus de 2,2 milliards d'euros investis depuis début
2008, le marché de l'investissement en régions semble se
maintenir, même si un ralentissement significatif est
perceptible au 3ème trimestre.
Les bureaux sont toujours aussi prisés et ont représenté,
depuis le début de l'année, 50% des engagements en
immobilier d'entreprise banalisé.
Les engagements en entrepôts sont demeurés stables par
rapport à l'an passé : 682 millions investis depuis début
2008 contre 685 sur la même période en 2007. Au 3ème
trimestre 2008, l'opération la plus significative aura été
l'acquisition, par REALKAPITAL (conseillé par DTZ ASSET
MANAGEMENT) pour son fonds REO II, des "Portes de
l'Anjou" auprès d'Hertel. Cette opération, située à Durtal dans
le Maine-et-Loire, développera à terme 62 600 m²
d'entrepôts neufs.
On notera en revanche le net ralentissement du commerce
qui, en 2007, avait été dopé par un nombre important de
ventes de portefeuilles composés d'actifs majoritairement
situés en province mais aussi et surtout par deux transactions
supérieures à 200 millions d'euros intervenues à Marseille. En
2008, les investissements régionaux en commerce (339
millions d'euros) ne représentent que 15% des
engagements contre 27% en 2007.
Le marché des bureaux en régions
Avec plus d'1,1 milliard d'euros investis, les actifs tertiaires
régionaux attirent de plus en plus d'investisseurs. Ces
engagements concernent principalement des opérations
neuves, qui ont représenté plus des 2/3 des
investissements depuis le début de l'année.
Avec près de 305 millions d'euros,lemarché lyonnais
demeure le marché le plus dynamique. Ce succès est
directement corrélé à une offre conséquente de bureaux
neufs (72 % des engagements). Les investisseurs n'hésitent
plus à s'engager sur des opérations en VEFA (160 millions
d'euros investis, soit plus de la moitié des engagements en
bureaux sur l'agglomération lyonnaise).
On remarquera le dynamisme tout particulier des marchés
toulousains et nantais, avec environ 160 millions d'euros
chacun, quasi exclusivement sur des opérations en
développement.
Le marché phocéen enregistre des résultats plus
modestes avec environ 110 millions d'euros. Pour autant,
les investisseurs semblent également confiants dans l'avenir
de ce marché puisque les opérations en VEFA ont représenté
plus de 88% des montants investis.
Net recul des investissements
Après une année 2007 exceptionnelle, le marché de
l'investissement en commerces enregistre un véritable coup
d'arrêt : seulement 556 millions d'euros ont été engagés, et
ce malgré un 3ème trimestre dynamique (près de 300
millions engagés).
Si le succès du marché de l'investissement en commerces en
2007 avait été principalement lié à la réalisation de grandes
opérations via des portefeuilles, ce type d'engagements n'a
représenté que 160 millions d'euros en 2008.
Les centres commerciaux en tête
Le commerce de centre-ville, particulièrement prisé des
investisseurs en 2007, n'a représenté que 155 millions
d'euros depuis le début de l'année, soit 28% des
engagements.
Avec 258 millions d'euros, soit près de la moitié des
investissements, les engagements en centres
commerciaux ont été les plus conséquents. Le 3ème
trimestre aura été particulièrement dynamique avec 4
transactions pour un total de 143 millions d'euros. On citera
notamment, en Ile-de-France, l'acquisition par KLEPIERRE
d'un centre commercial à Drancy dans le cadre d'un SWAP
avec l’immeuble du "46, rue Notre-Dame-des-Victoires", à
Paris auprès de CNP ASSURANCES, ou encore le
positionnement de BANIMMO sur la "Galerie Vaugirard",
2 100 m² de commerces vendus par ALTAREA pour un peu
plus de 7 millions d'euros. En province, MERCIALYS a acquis
trois galeries marchandes situées à Istres,
Narbonne et Pau
pour 39,2 millions d'euros tandis que la FONCIERE ADYTON
s'est positionnée sur le centre commercial Paul Doumer à
Caen (5 736 m²) pour 28 millions d'euros.
Le volume d'investissements enregistré dans les parcs
d'activités commerciales demeure faible : 143 millions
d'euros. Au 3ème trimestre, l'opération la plus significative
aura été l'acquisition, par KLEMURS, d'un portefeuille de 23
magasins de périphérie (16 400 m²) exploités par l’enseigne
KING JOUET pour un montant de 22,8 millions d'euros.
On notera enfin le poids des investissements franciliens
qui, après n'avoir représenté que 15% des engagements en
2007 et 9% au 1er semestre 2008 faute d'opportunités, se
sont nettement redressés pour représenter 27% depuis le
début de l'année.
Remontée de 25 à 75 points de base des taux de
rendement
Le réajustement des taux devrait être, en 2008, de 25 points
de base sur les actifs prime et d'environ 50 à 75 points de
base sur les actifs de seconde main.
Retour en force des fonds allemands
Avec 3,6 milliards d'euros investis depuis le début de
l'année, les français sont à l'origine de 43% des
engagements en France. Si les investisseurs français se
sont majoritairement intéressés à l'Ile-de-France, ils ont
également effectué un quart de leurs acquisitions en
régions. Le bureau a été le produit le plus prisé : plus de 82%
des engagements, essentiellement dans le Croissant Ouest, à
Paris QCA, et en Deuxième Couronne.
L'année 2008 marque le retour en force des investisseurs
allemands qui, disposant d'importantes liquidités, ont investi
1,5 milliard d'euros sur le marché français.
L'essentiel de leurs engagements se sont portés en Ile-deFrance,
et leur intérêt pour les marchés émergents s'est
confirmé. Déjà très actifs en Première Couronne Nord, les
investisseurs allemands ont également effectué plusieurs
acquisitions en Boucle Nord et dans le reste de la Première
Couronne. En province, outre "Le Danica" à Lyon, leurs
engagements ont porté exclusivement sur des produits
neufs en blanc à Toulouse et Colomiers (31), Saint-Herblain
(44) et Aix-en-Provence (13).
Les américains arrivent en troisième position en concentrant
16% des investissements en France. L'essentiel de leurs
engagements s'est porté sur du bureau (78%) avec pour
destinations privilégiées le Croissant Ouest et Paris QCA.
Un contexte de marché qui continue d'avantager les
investisseurs disposant de fonds propres
Les fonds d'investissement sont demeurés actifs en
concentrant 41% des engagements. Les plus présents ont
été les fonds américains.
Les foncières, en revanche, ont vu leur poids diminuer
passant de 31% des investissements en 2007 à seulement
15% sur les trois premiers trimestres 2008.
A l'inverse, dans le contexte difficile que connaît le marché
depuis plusieurs mois, les investisseurs disposant de fonds
propres se trouvent nettement avantagés : les
institutionnels ont vu leur part passer de 4% en 2007 à 9%
depuis le début de l'année, tandis que les SCPI / OPCI et
fonds ouverts allemands représentent chacun 13% des
investissements avec plus d'1 milliard d'engagements.
A propos de DTZ
Conseil international en immobilier d’entreprise.
Commercialisation - Investissement - Asset management - Expertise - Consulting - Aménagement
Avec plus de 12 500 collaborateurs dans 150 villes et 45 pays, et 19 bureaux en France, DTZ propose une offre globale de services et crée des solutions immobilières sur mesure pour ses clients.
Website :
www.dtz.com
Immobilier Carcassonne